GUNPOWDER

Si le nom n’était pas déjà pris, ils auraient aussi bien pu s’appeler les Meteors tant leur brève destinée s’est apparentée à celle de la proverbiale étoile filante immanquablement escortée d’une éphémère luminosité. Un petit tour et puis s’en va. Hors Nantes, fallait le bon endroit au bon moment pour pouvoir les applaudir. Y’a pas eu de second service !

Leur famélique discographie se limitant d’ailleurs à un titre sur une compile Gougnaf. Plus maigre, c’est l’anorexie ! M’avaient à peine laissé le temps de quelques lignes extasiées dans Going Loco, supplément hiéroglyphé de Nineteen où la grosse guitare avait toujours table ouverte. Et la grosse guitare, chez GUNPOWDER, ça allait avec l’équipage, le nom, ils ne l’avaient pas volé. S’ils voyageaient léger, modestie du statut oblige, l’allégorique poudre, ils l’avaient en quantité ! Je ne les ai vu qu’une fois, mais je peux vous garantir que ça ne lézardait pas côté potentiomètre.

Il soufflait un vent Scandinave sur pas mal de leurs compos, à peine tempéré d’Australs alizés. L’axe Solna/Sydney faisant détour par la Loire- Atlantique. Et si ça tombait dru, ça jouait bien. Avec panache et conviction. Des blousons noirs rieurs et sympathiques pour qui Gretsch et Fender tenaient lieu de chaines de vélo. Avec un avant — Phantom ou Flamingos — et un après. Bench Club pour Patrick, Blisters pour Roger. Et même Thugs et L A N E, fameux Angevins que Tesh, le second guitariste, sonorise depuis le siècle dernier. Des CV parlant d’eux-mêmes. Et François, le batteur, ne m’en voudra pas trop si j’ai perdu sa trace.

Roger, nous avions repris contact via les sacro-saints réseaux sociaux, tout heureux d’échanger à propos de nos descendances respectives, des coup de cœurs du moment, de Noirmoutier, bien sûr, chez lui une passion tenace, ou de sa nouvelle orientation professionnelle. La musique n’étant jamais bien loin. Jusqu’à ce que, m’étonnant d’un silence inhabituellement long, un tiers m’apprenne, aussi consterné que moi, son imprévisible disparition. Chienne de vie ! Il aurait été heureux de voir ce disque prendre forme, de réapprivoiser ces deux versions de « Vamping Barbara ». Un mix ligne claire, l’autre plus crypté. Les réentendre, ça raccommode d’entiers bouts d’existence, ça réveille infailliblement de bien beaux souvenirs. Pour ceux ne les connaissant pas, c’est le moment de s’en fabriquer. « Outburst » est un autre de leur titre. Ça ne pouvait pas mieux tomber, ce sept-pouces témoigne à merveille de la déflagration !

Alain Feydri

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Le double EP vinyle de Gunpowder est sorti sur Découpage Records.
Il est en vente sur le shop en ligne de Nineteen Something.

Depuis le 27/02/2021, Nineteen Something diffuse les 5 titres de ce double EP posthume sur toutes les plateformes numériques de streaming et de téléchargement. Ça se passe ici.

« Gunpowder » (digital)
01. Vamping Barbara
02. Outburst
03. Killing The Time ( (instrumental)
04. Vamping Barbara (démo)
05. Catch My Fault

Vous pouvez également écouter Gunpowder sur Bandcamp.