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Sloy ”Electrelite”
”Il était une fois un trio électrique, qui avait quitté son Sud natal au profit d’un coin de pluie… Mieux que l’écrasant soleil de Béziers, la flotte de Rennes sut, chez Sloy, révéler, attiser, puis faire grésiller en continu des fils salutairement dénudés. Ainsi, après Plug (1995) et Planet Of Tubes (1996), premiers branchements remarqués, déboule aujourd’hui Electrelite », écrivait en 1998 l’auteur de bande dessinée Olivier Josso dans sa chronique dessinée d’un numéro du magazine Jade. ”Condensé de rage ondulaire, de saccades tourneboulantes, de sèches et félines échardes, ce 3eme album épate autant qu’il ravit. Avec une intuition magique, le groupe régurgite de strictes racines ”new wave” ; en dressant un pont élastique de Gang Of Four à Jon Spencer, Sloy est de plus en plus… Sloy. A l’image de sa pochette, son Electrelite délivre pour de vrai une bien vibrante semence, giclée digne des meilleurs éclaireurs soniques.”
”Plus ample, plus souple, plus riche, aussi dru : Sloy a vécu une mutation profonde, comme une seconde naissance musicale”, écrivait le journaliste Philippe Richard en prélude de son interview avec le groupe pour le n°23 (1998) du magazine Magic. Dans cet entretien (à lire en intégralité par ici), on y apprend que, si Sloy apparait transfiguré sur Electrelite la gestation de ce dernier a été pour le moins compliquée. ”Il y a eu des moments… tendus”, y explique Armand. ”On ne veut pas que quelqu’un ait un pouvoir suprême dans le groupe. Il faut donc se faire confiance et se convaincre mutuellement. On a même été au bord du split à la fin de l’année 97. Heureusement, depuis le début, on s’accorde du temps. Les gens qu’on admire le plus ne sont pas des jeunes. Ce sont des gens qui ont pris le temps de maîtriser leur art, d’avancer à leur rythme sans vouloir être des “cadors” dès le début. C’est souvent par manque de patience que les groupes splittent. On a enregistré les deux premiers albums avec Steve Albini. Il nous a beaucoup appris, mais on ne pouvait plus se contenter d’enregistrer en prises live en six jours. C’est trop court pour produire un album. Mais je connais peu de gens capables de faire un disque de qualité en six jours.”
Si l’album, qui sort en France en 18 septembre 1998, rassure les fanatiques du trio les plus exigeants (”Sloy joue du rock comme on crève un abcès, dont il sort aujourd’hui des choeurs, des violons, une trompette. Grâce à une profusion d’arrangements tranchants sur une rythmique toujours économique, Sloy réussit à enrichir sa musique tout en la radicalisant”, peut-on lire dans Les Inrockuptibles), il ne remporte pas tous les suffrages. On aime ou on déteste Electrelite, comme l’atteste la page consacrée à l’album du webzine Xsilence : le chroniqueur est extrêmement déçu par le disque (”On comprend aisément le désir d’un groupe de ne pas tourner en rond et de se renouveler mais l’essai n’a malheureusement pas été concluant”), les commentaires des internautes au contraire l’encensent (”Electrelite est selon moi le meilleur album du groupe. Il représente bien l’underground français des années 90.”)

Electrelite demeure une pièce importante de la discographie de Sloy. Pour Marc Gourdon (Magic n°167, novembre-décembre 2012), le groupe est resté ”fidèle à l’esprit post-punk des deux précédents essais, le son est cependant plus rond, le funk plus circulaire (”Seedman”, ”The Elect”, ”Electric Survivor”) et le propos, sensiblement plus sombre (”No Way Out!”, ”Disconnected Elite”). Ouvert et aventureux, l’album contient les incroyables ”White Blood” (sur lequel un certain Olivier Mellano annonce au violon une intensité que l’on retrouvera chez Arcade Fire) et ”Surpised In The Black Hole” avec un décapant solo de clairon qui fleurte avec le free jazz… Le hic c’est qu’au moment de sa sortie, l’Europe entière est hypnotisée par l’electro, le big beat et la french touch, tous synonymes de nouveauté. Electrelite passe à l’as (…)”.
Osons croire que la réédition de Electrelite, en CD et LP, le 13 septembre 2024 (distribution L’Autre Distribution) permettra de (re)découvrir son contenu et de, peut-être, mieux l’appréhender.
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SLOY ”Electrelite” CD
Tracklisting :
- Seedman
- No Way Out
- Disconnected Elite
- I’am An Electrelite
- Spermadelic
- White Blood
- Surprise Inside The Black Hole
- The Elect
- Semen
- Electric Survivor

SLOY ”Electrelite” LP
Tracklisting :
- Seedman
- No Way Out
- Disconnected Elite
- I’am An Electrelite
- Spermadelic
- White Blood
- Surprise Inside The Black Hole
- The Elect
- Semen
- Electric Survivor
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