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Les Foggy Bottom ”Mon Insolence”
Trois ans après la sortie de l’album Dans Cet Endroit, les Lorrains reviennent avec Mon Insolence, un disque différent au premier abord, mais qui se révèle, pour peu qu’on lui donne sa chance, réellement audacieux, ajoutant ainsi une pierre à l’édifice Distopop que le groupe construit depuis 1997. Un nouveau départ ratifié par l’ajout du pronom ”Les” devant son patronyme.
Après Dans cet Endroit s’en suit une période plus active que jamais pour le groupe, notamment dans l’exercice live, grâce à ses relations intimes avec Les Soucoupes Violentes et Avalanche, et aussi, notons-le, grâce à son activisme régional, lui permettant d’ouvrir pour Les Vulgaires Machins, The Slow Death, The Wedding Present, Guerilla Poubelle, Lee Harvey, Sag Dig ou Bryan’s Magic Tears…
C’est aussi une période de changement. Le quatuor se retrouve à nouveau en trio après le départ de Mathieu (claviers sur Dans Cet Endroit), mais pas pour longtemps. ”Fred Alera nous a contacté il y a à peu près un an. À l’époque il jouait avec Emmanuelle Monet (alias Manu du groupe Dolly) qui lui a fait découvrir notre dernier album”, explique David Valli. ”Il l’a trouvé cool et nous a contacté pour intégrer le groupe. Connaissant son parcours (Fred a joué dans Second Rate, Waterguns, Billy Gaz Station, Lost Cowboy Heroes et en solo sous le pseudo Billy The Kill) et son talent de guitariste, notamment en tant qu’auteur-compositeur-interprète, on n’a pas hésité !”
Le quatuor tout neuf se rôde avec quelques répétitions et concerts puis se lance illico dans de nouvelles compositions. Elles donneront naissance à Mon Insolence, un disque court (7 titres), faux album concept (un prénom en guise de titre de chanson), mais au contenu 100% Distopop, ce terme simple et parfaitement explicite que le groupe s’est appropprié et dans lequel chacun y entendra ce qu’il veut, de My Bloody Valentine à Swervedriver, en passant par Slowdive, Welcome To Julian ou Cloud Nothings. Et toujours ce choix de chanter en français.

Il n’est pas facile de faire sonner la langue française sur du rock d’inspiration anglo-saxonne. Pourtant, Foggy Bottom y parvient de belle manière. Mon Insolence l’atteste une fois encore, avec une économie de mots et un minimalisme qui se révèle d’une étonnante prouesse. ”Le but est de faire passer des émotions avec des mots simples, j’ai toujours aimé le minimalisme dans la musique. Je n’ai pas vraiment de modèles concernant mon écriture, l’inspiration vient de mes expériences personnelles et des gens qui m’entourent.” Pas de concept donc, mais une ligne directrice : l’insolence sous toutes ses formes. ”L’audace, la résilience, le libre arbitre, l’adolescence foutraque, provoquer pour exister, résister à l’incompréhension de l’autre… c’est tout ça, l’insolence pour moi”, admet le guitariste-chanteur. Et aussi naïves qu’elles paraissent, les strophes de David parlent, entre les lignes, du combat constant d’une partie de la société à la fois en colère et résignée.
D’où ce choix de mettre la voix, autrefois noyée dans la musique, en avant. ”On a voulu sortir de nos automatismes et faire évoluer notre son. Aussi, on nous reprochait régulièrement de ne pas bien comprendre les paroles.” Pour que cette évolution soit maitrisée, le groupe a fait appel à Nicolas Bonnière, guitariste du groupe Dolly et également producteur des disques de Eiffel, Lavilliers, Calvin Russel… ”Nous sommes fans de l’album L’Allégresse du groupe Daytona sur lequel Nicolas a travaillé. Lui demander de produire notre prochain album s’est imposé. C’était l’occasion de nous tourner vers un autre style de production, un peu plus lisse et clean”, admet David sans renier ces adjectifs.
Mon Insolence s’avère donc différent des précédentes œuvres des Foggy Bottom, mais sans rupture, ni décalage. Le groupe reste fidèle à sa base originelle, des mélodies fragiles sur des guitares ronflantes, et conserve ce frisson qui émeut tous ceux qui apprécient la musique du groupe, une mélancolie savamment dosée qui ne rend pas morose, mais qui, au contraire, exorcise et régule les affects, stimule et finit par apaiser. En quelque sorte, de la musique triste pour gens décidés à ne pas l’être. Toujours et encore.
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Les FOGGY BOTTOM
« Mon Insolence »
Twenty Something — NS136CD (à paraître en CD et digital le 14/11/25 – dist. L’autre Distribution)
1. Nico
2. Martin
3. Pedro
4. Luiz
5. Rob
6. Richard
7. Marcus
Enregistré, réalisé et mixé par Nicolas Bonnière au Bell Studio, mai 2025.
Masterisé par Jeff Ferrand au WooDBox Mastering Studio.
Sofi Valli : basse
Christophe Vilarino : batterie
Fred Aléra : guitare
David Valli : guitare, chant
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