juillet 28

FOGGY BOTTOM

Avec un pedigree ancré dans le boucan des années 90 (anciens Davy Jones Locker, Pore, The Automatists, Pulssar, Beeswax) et en empruntant son patronyme à un quartier universitaire de Washington DC, capitale de la scène punk hardcore originelle (remember Minor Threat, Teen Idles, Void et consorts ?), on ne s’attendait pas forcément à ce que Foggy Bottom verse dans la powerpop ! Et pourtant…

Formé en 1997, le groupe de Thionville respire le même air que Weezer, Dinosaur Jr, My Bloody Valentine, Les Thugs ou  Hüsker Dü. Columbia 300, sa première démo 4 titres, est de la noisy pop pur jus et obtient de bons échos dans la presse et les fanzines de l’époque.

“A trois (…), ils maitrisent une pop un rien sale, agrémentée d’une voix masculine très douce et mélodique.La production nous laisse penser qu’ils ne vont pas s’arrêter à cette première démo. (Rage magazine)

En effet, ce premier enregistrement studio permet au trio de jouer dans son grand Est natal, mais aussi d’effectuer deux tournées anglaises en compagnie de Paneeni (combo britpop de Sheffield, UK). Pour immortaliser ces périples en commun, les deux combos sortent un détonant split single « For My Sister / Dogmatic », lequel sera masterisé dans les mythiques studios d’Abbey Road !

“… un nouveau titre de Foggy Bottom, “For My Sister”, qui n’a pas renié sa passion pour la noisy pop suave autant qu’intense. La face B est réservé à Paneeni prenant la vie du bon côté et nous refait un morceau à la Housemartins, guilleret et bon esprit.” (Rage Magazine)

S’en suit la sortie du CD Six Song About This Famous Andrew, six titres powerpop en diable ou les meilleurs ingrédients de leurs influences marineraient à feu doux pour le plaisir de tous et grâce auxquels Foggy Bottom décroche des premières parties de choix comme celles de Tarmac, Sharko, Dolly, Matmatah… mais également plus proche de lui, celles de Nada Surf, Eiffel, Purr et Piedbald (USA).

“Notre trio nous offre quelque chansons d’une énergie imparable, mêlées, comme à leur habitude, à ces mélodies inoubliables qui font d’eux l’un des groupes incontournables de la région et de plus loin. Aucune maladresse, quoi qu’en suggère le bijoutissime “How And Where », pour ce qui est du son : superbrut donc tout-à-fait approprié à l’esprit Foggy Bottom.” (Silex And Sun)

En 2001, après des apparitions remarquées sur des une poignée de compilations comme le sampler CD 100% Rock Français du magazine Rock Sound (aux côtés de Dyonisos et Mass Hysteria) ou le CD Tribute Here’s The Real Cure – A Tribute To The Cure (avec, entre autres, Sleeppers et Sixpack), le groupe enregistre son premier album qui sera… éponyme. Cette fois entièrement chanté en français, l’album enchaîne 13 titres bubblegum sur un mur de disto. Volontairement naïves, paroles et compos y font découvrir un groupe qui accroche adroitement ses mélodies au rock le plus primaire.

Cependant, Foggy Bottom se fait discret durant quelques années (changement de batteur). Et lorsqu’en 2017 il revient avec un second album sous le bras, Sur Le Fil, la surprise est de taille : le disque affiche non seulement les qualités d’une superproduction (la prod et les arrangements cisèlent un équilibre parfait entre mélodies pop et guitares saturées) mais dévoile un groupe transformé et totalement décomplexé. Il semble avoir trouvé la formule magique lui permettant de coucher un chant en français, aérien et mélodique, sur un mûr du son fracassant digne des références anglosaxonnes (My Bloddy Valentine, Truly, Starmarket).

« Près de vingt ans après ses débuts, Foggy Bottom défend un second album qui correspond à l’aboutissement d’une évolution parfois inattendue : le trio lorrain réunit en effet des musiciens issus des courants grunge, indus ou noise et a adopté le nom d’un quartier de Washington célèbre pour sa scène hardcore. Il officie pourtant dans une power pop férue de mélodies délicates et a opté pour des textes en français qui s’inspirent de la pop des années 80. Le charme de ses compositions réside ainsi dans cette tension entre une naïveté textuelle, entérinée par une voix en douceur et une urgence instrumentale débridée. » Rock&Folk (juin 2018)

Touché par la grâce ? Peut-être. En tout cas, le trio capitalise sur cette réussite. En 2018, il sort le CD single « Caravelle » (soutenu par “Boarding mix” clippé par l’Italien Enzo Guitti), un OVNI dream pop qui révèle une autre facette musicale du groupe : synthé nébuleux et voix aérienne s’écrasent sur un mur de guitares saturées, le tout en y intégrant une certaine idée de la « French Naive Pop » des 80’s, elle des Daho, Lio et Jacno. Des jeunes gens modernes quoi…

Fin 2018, David, Christophe et Sophie enregistrent sept nouveaux morceaux distopop (aucun autre terme ne pourrait mieux convenir à leur style si particulier) qu’il rassemble sur un nouveau disque : Une Histoire à L’Envers. La formule gagnante de Sur Le Fil y est savamment appliquée et même améliorée… donnant de superbes résultats comme “Ici Paris” (et ses références assumées aux années 80), “Que Des Conneries” ou le tubesque “Dans Ce Train”, des titres qui abritent tout à la fois tension, candeur et déchaînement avec une retenue et finesse aussi désarmante qu’envoûtante.

L’histoire de Foggy Bottom n’a donc pas fini de s’écrire.

Bio du groupe remixée par Frank Frejnik,
janvier 2019

Discographie :
Columbia 300 (Démo 4 titres, 1998)
• Foggy Bottom / Paneeni (Split 45tours, 1998)
Six Song About This Famous Andrew (CD 6 titres, Autoproduit, 2001)
Parler à Une Fille Comme Toi (Démo 5 titres, 2003)
Foggy Bottom (CD autoproduit, 2004)
Sur le Fil (CD Autoproduit, 2017)
• Caravelle (CD Single, Autoproduit, 2018)
Une Histoire à L’Envers (CD 7 Titres, Twenty Something, 2019)

facebook.com/lesfoggybottom
foggybottom.bandcamp.com