GIL ”Confetti”

GIL fait les choses bien. Il a d’abord lancé sa marque avec un remarquable EP, Lucarne (Twenty Something, 2022), avant d’embrayer sur le premier album que voilà, Confetti.

On retrouve chez le trio tout ce qui a toujours fait la moelle des anciens groupes du chanteur (The Noodles, Dirty Hands, Les Mains Sales). Au point où les élégants Dirty Hands refont surface quand Gilles Moret s’exprime brièvement en anglais, le temps d’une chanson (« La Robe D »), le français restant sa langue de prédilection.
Conformément aux usages chez les power trios, les chansons sont compactes et denses. Le son de guitare est épais, volumineux, porté par une rythmique au centre de gravité assez bas pour lui permettre de décupler sa motricité et pour l’autoriser à arracher la pelouse à chaque coup de médiator et de caisse claire. Globalement, l’album a une coloration 90’s. Il ne renie à aucun moment ses origines sans les exhiber pour autant comme un trophée. L’expression est franche, directe, sincère, finement taillée à même le matériau brut communément appelé rock’n’roll. D’ailleurs, ces mecs-là, si on leur demande ce qu’ils font, ils répondent sans hésiter : « du rock’n’roll ». Car c’est de cela dont il s’agit, et de rien d’autre. À leur façon de faire, on peut être sûr qu’ils sont persuadés que le cours des choses changera à la force des guitares ; l’insouciance les porte, l’expérience les guide.

(crédit : laurent Blouineau)

Écartons de suite la notion de carnaval que laisse entrevoir le titre du disque, on est loin de ça. Confetti est plutôt d’humeur mélancolique. Une mélancolie appuyée par des textes sibyllins parfois portés par des vents contraires.
L’ambiance générale de l’album tourne autour des relations compliquées avec des textes utilisant l’art du cut-up. Si, pour Lucarne, on évoquait le concept de haïkus, là, c’est l’esprit Beat Generation qui relève le plat de Confetti, comme un besoin de liberté.

Cela dit, les paroles proposent plusieurs niveaux de lecture. Même l’humour et l’ironie passent discrètement une tête de temps à autres. Par exemple, dans le cas de la chanson « Confetti » justement, après « Tu me manques encore, tu me manques encore », arrive « un peu » decrescendo. Ainsi, GIL parvient toujours à désamorcer une situation à l’aide d’un mot, d’une phrase, d’un accord, ou par une note afin d’échapper au pathos, qu’il soit littéraire ou musical. Y’a pas, ils savent y faire.

Confetti est abouti dans la mesure où le groupe est allé au bout de ses idées ; vu le passif des protagonistes, ça n’a rien de surprenant. C’est quand on n’attend rien que tout arrive et Confetti n’en finit pas de nous épater et de nous donner le sourire.

GIL :
Gilles Moret : guitare – chant
Vincent Lechevallier : batterie
Damien Prono : basse

Patrick Foulhoux, avril 2024

* * * * *

GIL
”Confetti”
Twenty Something (NS122CD) — Sortie en CD et Digital le 24 mai 2024 chez L’Autre Distribution
01- LA MACHINE
02- TOUS CES MOTS
03- CONFETTI
04- LA COULEUR
05- TOTAL ECRAN
06- FERMER LE CIEL
07- L’HOSAP
08- LA ROBE D

En savoir plus sur GIL…
En savoir plus sur Lucarne, le premier EP de GIL
Ecouter Lucarne sur Bandcamp
Ecouter Confetti (prochainement)
Acheter Confetti (prochainement)

Facebook GIL