The Noodles

Octobre 1985 : formation de The Noodles à Angers avec Jeff à la batterie, Jean-Mi à la basse, Doumé à la guitare, Bruno à l’autre guitare et Gilles au chant.

The Noodles Gougnaf Dirty Soul

Juin 1986. Enregistrement d’une démo 4-titres avec Christophe Sourice à la prod. Le supplément du magazine Nineteen, Going Loco, écrira ces quelques lignes sur la K7 :  “un nouveau groupe d’Angers, qui a naturellement fait produire sa première maquette par Christophe des Thugs. Le résultat est suffisamment électrique et mélodique pour qu’on les attende bientôt ici.”
Le morceau “I Wanna Be Your Blood” sera diffusé sur la K7 International Fun Club (1987) réservée aux abonnés du fanzine Rock Hardi. Le groupe commence à donner des concerts dans l’Hexagone.

The Noodles French Beat 1987Extrait du fanzine French Beat (1987)

Sur la supposée ressemble des Noodles / Les Thugs, Christophe Sourice déclarait en 1988 dans Best : “Les Noodles ont une vision du rock’n’roll plus proche des veines australiennes ou suédoises. Ils sont plus rigoureux que nous : moins portés sur le bouillon hard-core. Le fait de venir d’Angers comme nous ne leur facilite pas la tâche mais l’assimilation hâtive n’est pas vraiment justifiée”.

Début 1987, le label Gougnaf Mouvement, fraîchement installé à Angers, produit un 45 tours que le groupe enregistre à Londres au studio RMS et dont la production est assurée par Christophe Sourice avec l’aide de l’ingénieur du son Andy Le Vien. C’est “à la suite d’un concert avec Les Privés à Nantes, (que) leur manager nous a dit que ce studio à Londres était très bien, que les types comprenaient vite ce que tu voulais et qu’en plus c’était moins cher qu’en France. (…) On a payé le voyage, Gougnaf a payé le studio.” (Extrait interview dans Le Légume du Jour #3, 1987)

The Noodles Gougnaf Dirty Soul

Avril 1987. Sortie du 45T “Dead For Nothing » / “L-G-M” (GM 021)

“A-t-on idée de s’appeler les Nouilles ? Surtout lorsque comme ces Angevins-là on est capable de titres aussi vigoureux, entre Hoodoo Gurus et Real Kids. Production parfaite due à Christophe Sourice, et compositions encore un peu rugueuses mais dont le mérite est déjà d’offrir un parfait accueil aux guitares qui sonnent comme une charge de cavalerie”. (Monique Sabatier, Nineteen #23, juin 87)

“Dead For Nothing est une véritable décharge électrique, sauvage et dévastatrice… A ranger avec les premiers Damned, Thunders, Pistols, Buzzcocks…” (Rock Hardi n°15/16, 1987)

En décembre 1987, The Noodles participe à la compilation An Emotional Beat In A World Of Fury, également produit par Gougnaf Mouvement (GM024), avec le morceau “Only Need Your Love”, enregistré lors de la session du 45 tours. Le groupe y côtoie la crème du rock français du moment : Parabellum, Scuba Drivers, Los Mescaleros, Crabs!, Washington Dead Cats, Shredded Ermines, etc…

Noodles-EP-Dead-For-NothingNoodles-Dead-Soul-LP-Gougnaf

Le même mois, le groupe retourne à Londres dans les studios RMS pour enregistrer le mini album Dirty Soul, toujours pour le compte de Gougnaf. Hélas la sortie du disque est marqué par un tragique événement, Jean-Mi le bassiste du groupe se tue dans un accident de la route. Retardé, le disque sort finalement en 1988 bon gré mal gré. Au recto de la pochette, on peut lire : “Mais que peut-on trouver à dire quand la mort nous prend un ami… Dead For Nothing”.

“Ça nous a tellement secoué que nous sommes restés au moins un mois sans réagir. On ne savait plus. Puis, notre batteur a décider de partir pour d’autres raisons. Ça fait qu’on s’est retrouvé avec Gilles et Bruno, on n’avait pas envie de chercher d’autres mecs, vu qu’Angers est une ville assez petite et qu’on connaissait tous les musicos, personne ne faisait l’affaire, on avait peur de ne pas retrouver le groupe comme avant, peur de tout reprendre à zéro.” (Doumé, dans Le Légume du Jour #3, 1987)

Dead Soul sort en vinyle, mais également en version K7 (GM028), cette dernière contenant les 2 titres du 45 tours en bonus. Et le titre “Power Men” est diffusé sur la BBC dans l’émission de John Peel, le 8 novembre 1988. (écoutable en ligne).

Début 1989, The Noodles reprennent les concerts avec deux nouveaux musiciens…  L’avenir reste incertain et  fragile comme l’atteste les interviews de cette époque, notamment dans les fanzines Le Légume Du Jour #3 (édité en octobre 1988) et Jolly Roger #1 (édité en mars 1989) où le groupe est interviewé après/avant des concerts en banlieue parisienne et à Besançon. “C’est le troisième concert aujourd’hui sous cette formation, on peut pas encore dire ce que ça donne. Tout avait été si vite, notre premier concert en octobre 1986, même pas deux ans (et 80 concerts), le destin a voulu qu’on ralentisse un peu.” “La promo du disque a été anéantie avec toutes les galères qu’a connu le groupe, et le problème de la nouvelle formation est d’être tributaire du disque et du passé. Il faut faire sinon mieux au moins l’égaler. Il faut que le groupe retrouve une cohérence.” (Extraits du Le Légume du Jour #3, 1987).

The Noodles Gougnaf Dirty Soul

Malgré l’enthousiasme affiché, le groupe splitte au cours de l’année 1989. “On a continué quelques mois (…) mais ça n’était plus les Noodles. On a préféré arrêter”, admet Doumé en 1992 dans Rock Hardi #23.

Comme un testament, le morceau “Song For Lady Death” trouve une place sur un EP promo du label Gougnaf, “distribué à Rennes à la salle de la Cité lors du Festival Elise est Rock le 7 mai 1988 juste avant la réélection de François Mitterand à l’Elysée”, (dixit Discogs). Sur ce 45 tours, The Noodles y côtoient Les Shériff, Los Mescaleros et Happy Drivers.

Ce n’est qu’après l’arrêt du groupe, et au moment où le groupe qui naît de ces cendres se fait connaître (Dirty Hands, formé par Gilles et Doumé avec Patrice, ex-Seconde Chambre, et Alain), que Dirty Soul reçoit les honneurs qu’il mérite :

“Un 45 tours, mais surtout un album, Dirty Soul (la meilleure production Gougnaf malgré un budget enregistrement serré), grandiose, malsain, puissant… le genre de truc qui vous ramone le fond du cour en profondeur” — La Veuve Noire, Abus Dangereux

“Derrière cette rythmique d’enfer, ces riffs touffus, ce chant urgent, les Noodles cachent une rage à fleur de peau, cette persévérance à vouloir marquer d’une empreinte ce petit bout de vie auquel on a eu droit et qu’on cherche à nous anéantir chaque jour. Le chant halluciné de Dirty Soul dévoile peut-être la force du groupe. L’apparente douleur de Doumé, la froide beauté de Gilles ont de l’âme au cœur, pas si “Dirty” que ça.” — Le Légume du Jour #3, 1987

“(…) Dirty Soul était vraiment un album génial, tâché de noir et de rouge à l’image de la pochette ; noir parce que la mort accompagnait le groupe (le bassiste est mort quelques mois après la sortie du 45t “Dead For Nothing”), rouge parce qu’il vous prenait les veines ce putain (pu’tin) de rock écorché.” — Jérome Dupin, Combo #8, Automne 1989

Réhabiliter les morceaux des Noodles sera le but escompté de la réédition CD que Nineteen Something prépare.
Plus d’infos… soon !

— Frank Violence